Mercredi 28 Septembre 2005. 17h25. Carrefour de la Courtine. Avignon. L'opération "Enfer a la caisse" vient juste de débuter. De notre envoyé spécial G. Chaubet sur les lieux de l'hécatombe.
Tout commence par le repérage de la caisse : n'étant pas plus con qu'un autre je me dirige naïvement vers celle où se trouve le moins de monde. Erreur numéro une : si en plein mercredi apres-midi une caisse de Carrefour comporte peu de personnes vous pouvez etre sur que cette caisse a un grave probleme genre "plus de papier pour la machine", "tapis roulant en panne", "personne ayant fait un infarctus dans la file d'attente" ou "caissière novice" (désolé si ca fait titre de film X ce n'est pas le but). Il faut donc toujours se tanquer comme un gros boeuf dans la file où il y a le plus de personnes, c'est signe que y'a pas de probleme.
Par contre je me permet ici de faire un apparté : si vous me voyez dans une file n'y allez surtout pas, fuyez moi comme la peste ! J'ai en effet développé au fil des années cette capacité surnaturelle qui me permet, tel un X-men en sorte, de faire s'abbatre tous les malheurs du monde sur ma caisse retardant ainsi la progression de la queue de plusieurs looooongues minutes.
Nous sommes donc dans notre file, et étrangement depuis une minute tout se passe bien, trop bien... nous allons en effet payer cher cette minute de répis : la cliente qui passe a la caisse a subitement un probleme avec son chéquier, elle demande un recu, plein de papiers bref des trucs qu'une caissière normalement constituée mettrait 2 minutes a réunir : ma caissière était hélas anormalement constituée.
A notre petite file d'attente sympa qui était constituée, maintenant que madame "j'emmerde mon monde avec ma paperasse" s'était gentillement cassée, de seulement deux femmes devant ma mere et moi, vient se greffer un couple avec deux enfants : a vue de nez on aurait dit des filles, d'environ 10 ans pour l'une et 2 ans 6 mois et 3 semaines, j'hésite pour les jours, pour la plus petite. Et c'est la que le comique, si tenté que ce le soit, intervient, parce que en plus de la chaleur et du bruit infernal que font des centaines de personnes qui parlent, ne voila t'il pas que la plus grande des deux filles se met a aboyer dans le but d'effrayer sa petite soeur (aboiements qui ont duré jusqu'a ce qu'on quitte cet endroit de damnation au passage)...
"Zen Guilhem c'est cool... apparemment ca se passe bien devant, ca devrait avancer. Dans 5 minutes t'es dehors..." me dis-je en sachant tres bien que je me fourrais profond le doigt dans les nyeux.
En effet dans la série "je te les brise menu" notre voisine du devant remporte haut la main la palme : honnétement quand vous avez acheté un paquet de Prince de Lu, un paquet de spaghetti et deux baguettes de pain vous ne prenez pas toute la place sur le tapis roulant? Bah elle si, parce que au lieu de mettre le pain en large sur le tapis pour prendre le moins de place possible, ben elle le met en long ca fait qu'il y a un paquet de pate, un paquet de gateau et deux baguettes en long sur l'équivalent des deux tiers du tapis...et toi tu poireautes...
Mais apparemment pour le Dieu des supermarchés j'ai pas assez morflé alors il en remet une couche : une des deux femmes devant nous (pas Mme Baguette l'autre) a acheté un lit aujourd'hui et vu que c'est pas un achat banal ben y'a encore 300 papelards a signer. Elle finit de remplir tout ca donc tu te dis "putain enfin!!" mais re-non parcequ'il manque les pieds du lit en fait donc un mec va les chercher et apparemment la reserve de Carrouf doit faire 200 kilomètres carrés de superficie parcequ'il revient cinq minutes plus tard...bref passons...
Enfin a nous !! Et la ma mere me dit, droit dans les yeux, d'un air de chien battu : "Guilhem, j'ai oublié les pastilles pour le lave vaisselle... Guilhem, j'ai pas fait peser les courgettes..." "Ecoute maman on a qu'a laisser tomber hein?" "D'accord"
Début de la mise en sac : truc pratique quand je vais faire les courses avec ma mere c'est qu'elle en profite, du coup elle achete que des trucs lourds : un pack de six St Pélégrino, un pack de quatre jus de pomme, un baril de lessive, cinq kilos de litière, un pack de lait... Mais bon j'assume, je porte, je transvase, on se fend la gueule...
On se fend la gueule certes, mais jusqu'a ce que je découvre que suite a un vice de fabrication les sacs plastiques n'ont qu'une poignée sur deux : en lieu et place de l'une des poignées dans laquelle tu glisses ta mimine, bah y'a que du plastique...
"Franchement Guilhem y'a des gens qui vivent la guerre dans le monde en ce moment, destresse, tu vas les faire toi même les poignées". Je me défoule ainsi sur les sacs, leur arrachant la moitié de leurs corps en plastique hin hin...
Ca y est enfin !! On paye, on se casse vite !! Naaaaaaaaan pitié maman : "Oh regarde elle nous a donné des papiers pour aller faire un jeu !! La machine est la bas on va voir si on a gagné !!"
"Donne ca ! Rien! Rien! Rien! Allez on y va"
"Mais t'es sur qu'on a rien gagné? Moi je vois rien de marqué sur ces papiers"
"Si! y'a marqué zéro de partout allez on y va"
Mercredi 28 Septembre 2005. 17h55. Carrefour de la Courtine. Avignon. L'opération "Enfer a la caisse" vient de prendre fin. Aucun décés a déplorer, l'opération est un succés. Over.
Sinon rien
*G PadPo*